• mars 23, 2026
  • Tatiana Kuessie Mouende
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Si les secteurs des mines et du BTP en Afrique centrale restent historiquement des bastions masculins, certaines trajectoires d’exception viennent bousculer ces codes établis. Prisca Moyeke, entrepreneure polyvalente, PDG du Groupe Clear Service et Présidente de l’Association des Femmes Artisanes Minières de Centrafrique (AFAMCA) Prisca Moyeke, incarne cette force tranquille qui, à force de rigueur et de ténacité, a su transformer ces industries rudes en un véritable terrain de réussite au féminin.

Participant à la troisième édition du Salon National de l’Entrepreneuriat Féminin (SANEF 2026) à Bangui, la chef d’entreprise n’a pas hésité à partager son expérience afin d’encourager la jeunesse en général et les femmes en particulier à sortir de l’ombre et quitter le secteur informel.

Née en République centrafricaine d’un père journaliste et d’une mère institutrice, Prisca Moyeke a très tôt manifesté un tempérament d’indépendance. Refusant la sécurité d’une carrière dans la fonction publique, elle s’est laissée guider vers l’entrepreneuriat. Après des études secondaires en Centrafrique, elle quitte sa terre natale pour la France, où elle a suit un cursus en management commercial à l’Université de Tours.

De la prestation de services aux secteurs stratégiques des mines et du BTP

C’est en 2003, après de son retour en Centrafrique, qu’elle concrétise sa vision et fonde son entreprise, d’abord spécialisée dans la prestation de services. Plus tard, elle s’intéresse au secteur des mines et au marché des pierres précieuses en Centrafrique et adaptera son modèle économique aux mutations du pays. Elle se lance alors formellement dans le secteur des mines et crée une coopérative minière.

Parallèlement aux activités de son entreprise, Prisca Moyeke a su saisir les opportunités offertes par les richesses du sol centrafricain. Elle multiplie les formations et ateliers en Afrique et à l’étranger pour construire son expertise dans le secteur minier. Son leadership la conduit à occuper des fonctions de haute responsabilité, notamment celle de présidente de l’Union Nationale des Coopératives Minières de Centrafrique et encore aujourd’hui celui de Présidente de l’Association des Femmes Artisanes Minières de Centrafrique (AFAMCA), où elle œuvre pour la structuration et la reconnaissance du travail des femmes dans ce secteur traditionnellement masculin.

Consciente des enjeux de reconstruction de la Centrafrique, Prisca Moyeke a su réorienter son entreprise, initialement consacrée à la prestation de services, à de nouveaux secteurs dont le BTP, les fournitures de bureau entre autres. Aujourd’hui, le Groupe Clear Service est un acteur polyvalent qui collabore également avec des partenaires au développement et des investisseurs étrangers, agissant comme un véritable pont pour ceux qui souhaitent s’installer et investir durablement dans en Centrafrique.

À travers son parcours, la présidente de l’Association des Femmes Artisanes Minières de Centrafrique (AFAMCA) est une voix incontournable pour l’autonomisation des femmes et la structuration de l’économie formelle en République centrafricaine.

Dotée d’une soif d’apprendre inextinguible, elle continue de se former et d’apprendre. Mme Moyeke confie poursuivre en ce moment ses études en vue de l’obtention d’un Master, prouvant que le leadership se nourrit d’une formation continue et d’une curiosité intellectuelle permanente.

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Un engagement inspirant au SANEF 3 à Bangui

Sa participation à la troisième édition du Salon National de l’Entrepreneuriat Féminin (SANEF) à Bangui marque une étape symbolique de son engagement auprès des femmes. Durant ce salon dédié à l’entreprenariat féminin, Prisca Moyeke a, à travers ses interventions, encouragé la jeunesse et les femmes à sortir de l’ombre. Pour elle, le SANEF est le lieu idéal pour briser la timidité naturelle et les plafonds de verre.

Sa présence à ce salon témoigne d’une volonté de transmettre son expérience, convaincue que l’entrepreneuriat féminin est le moteur essentiel du développement économique et social de la République Centrafricaine. Son message aux jeunes filles et femmes est centré sur l’indépendance financière comme clé de la liberté. Elle insiste sur la nécessité de quitter le secteur informel pour rejoindre des structures légales, associations ou coopératives afin de bénéficier des opportunités disponibles, du soutien de l’État et des partenaires au développement.

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