Le carré des Artistes à Bali, Douala, a servi de cadre à la sortie des jeunes incubés du projet Dipita, porté par l’association Mboti, le jeudi 26 février 2026.
L’exposition photo et le défilé de mode ont servi d’activités pour dévoiler aux invités le savoir-faire acquis par ces dix jeunes durant le projet Dipita initié par l’association Mboti, portée par son promoteur Fredy Manyongo, également à l’origine de Mboti Week.
La cérémonie de sortie au Carré des artistes à Bonapriso a marqué l’aboutissement de quatre mois de formation intensive dédiée à de jeunes talents évoluant dans les métiers de la mode et des arts visuels. Les 10 candidats étaient répartis dans quelques différents métiers tels que deux incubés en maroquinerie, trois incubés en stylisme, trois incubés en photographie, deux incubés en maquillage professionnel.
Une formation gratuite et exigeante
Entièrement gratuite, la formation a également bénéficié d’un appui logistique facilitant le transport des apprenants vers leurs lieux d’apprentissage dans la ville, notamment à Yassa, Bonapriso et Bali. Une opportunité précieuse dans un contexte où l’accès à des formations spécialisées demeure souvent limité par des contraintes financières.
Ainsi Durant quatre mois, les dix apprenants, trois garçons et sept filles, ont suivi un programme alternant théorie et pratique. Le parcours n’a pas été sans défis. Ces jeunes étaient confrontés à une adaptation au rythme académique, la discipline quotidienne, la remises en question et l’exigences professionnelles.
Lire Aussi: Louise Abomba rejoint la 4ᵉ édition d’Immersion au Musée McCord Stewart Montréal
« Ce n’est pas évident de retourner sur les bancs après plusieurs années d’interruption », reconnaît le promoteur, qui souligne l’importance de l’encadrement rapproché assuré par les formateurs.
Parmi les bénéficiaires figure Larissa Kewe, incubée en photographie. Passionnée depuis longtemps par cet art, elle confie avoir enfin acquis les techniques nécessaires pour traduire ses émotions en images. « J’avais l’émotion, mais je ne savais pas comment la rendre sur une image », explique-t-elle. Grâce à l’encadrement de son formateur, monsieur Lenoir, elle a appris les bases essentielles : cadrage, lumière et composition.
Son œuvre présentée lors de la restitution, intitulée Dipita (« espoir » en français), illustre la persistance d’une lumière intérieure malgré les épreuves. « Même si elle semble enfouie, il suffit de la chercher », affirme-t-elle.
La connaissance comme levier d’émancipation
Pour Fredy Manyongo, la formation constitue un levier essentiel d’émancipation. « La connaissance est la clé pour tout. La clé pour avoir une voix qui compte et qui porte », souligne-t-il. Partant de ce principe, le projet Dipita qui signifie « espoir » a été conçu pour offrir à des jeunes issus de divers quartiers de Douala l’opportunité d’acquérir des compétences professionnelles dans des domaines créatifs.
Grâce à l’accompagnement du programme Voix jeunes créatifs, soutenu par le Fonds Équipe France et l’Ambassade de France au Cameroun, ce projet, longtemps resté dans les tiroirs de l’association Mboti, a pu voir le jour. L’objectif étant de permettre aux jeunes amateurs, semi-professionnels ou novices de se former, de renforcer leurs capacités et de se professionnaliser dans les métiers de la mode.
Au-delà des quatre mois officiels, certains apprenants bénéficieront d’un accompagnement complémentaire de deux à trois mois, dans le cadre d’accords entre Mboti et les formateurs. L’ambition est d’ouvrir la voie à des opportunités concrètes telles que l’insertion professionnelle, l’embauche, le lancement de marque personnelle ou la commercialisation de créations.
La sortie de cette première cuvée ne marque pas une fin, mais le début d’un parcours professionnel. Par ailleurs, Mboti entend s’appuyer sur ses autres plateformes, notamment Mboti Week et Mboti The Brunch, pour offrir des espaces de visibilité et d’expression aux jeunes talents.


